Wwoof autour du monde

C'est l'histoire d'une journaliste qui va se nettoyer les neurones durant un an en faisant du wwoofing autour du monde.

Pour ceux qui ne connaissent pas, wwoofing: willing workers on organic farms, c'est-à-dire aider des agriculteurs bio et en échange être logé et nourri.

Pourquoi du wwoofing? Parce qu'il combine tout ce que j'aime: la nature, le grand air - ah, les mains dans la terre, finir sa journée crottée - les voyages, les rencontres... Et surtout, je n'avais pas envie de "voyager pour voyager", mais trouver un fil conducteur et apporter ma petite contribution à une autre façon d'envisager notre monde.

Attention! Ce n'est pas un travail journalistique que je fais ici, je ne prétends pas à l'exactitude, mais au partage de ce que je vis. Pour le plaisir, simplement...

lundi 15 août 2016

Adieu ou au revoir?

Eh bien voilà, le tour du monde en wwoofing s'est terminé, il y a maintenant plus de deux mois.
Prise par le quotidien du retour au travail, je réalise que je n'ai jamais évoqué mes derniers moments. Des moments pourtant très forts, en Inde, entre ashram d'Amma et Auroville.

Amma, "la mère qui embrasse", figure spirituelle de l'Inde, une des rares femmes gourous. Née au Kerala, elle parcourt le monde depuis 30 ans pour prêcher l'amour en prenant les gens dans ses bras. Elle le fait lors de "darshans", où, durant des heures, elle écoute et embrasse les gens. On estime qu'elle a ainsi embrassé plus de 30 millions de personnes.

Lors de mon séjour - hélas trop court, une seule nuit - à Amritapuri, l'ashram qu'elle a créé sur son lieu de naissance, je ne l'ai pas vue, mais la vision de cette immense communauté, bourdonnante comme une ruche dédiée à la spiritualité m'a fortement marquée. Un immense temple devant lequel se mêlent résidents vêtus de blanc et visiteurs pour quelques heures ou quelques mois, toutes les langues du monde qui se parlent...

J'ai le souvenir de la jeune femme nous faisant visiter les lieux, une Française fine et gracieuse, planante - j'avoue avoir hésité entre illuminée et fumeuse de moquette - mais aussi de gens me parlant du sentiment de ressourcement, de sérénité, d'ouverture du coeur qu'ils ont lorsqu'ils viennent dans ce lieu.  Ceux qui ont vécu le fait d'être embrassés par Amma évoquent "le plus fort sentiment d'amour qui leur ait jamais été donné".
Méditation au bord de l'océan. Une sérénité que j'aimerais tant retrouver...


Alors oui, on trouvera des critiques, des doutes sur Amma, on peut penser à des dérives sectaires, mais tout ce que je dont je peux témoigner, moi, c'est le sentiment d'appartenance très fort que j'ai ressenti là-bas, la sensation très étrange d'être dans un lieu où la spiritualité imprègne chaque moment.

Vous direz, ce n'est pas en un jour et une nuit qu'on peut découvrir la face cachée des choses... Mais comme je l'ai déjà indiqué, je n'ai pas fait durant mon tour du monde un travail de journaliste, j'ai simplement raconté ce que j'ai vécu.

Utopie en voie de disparition ou virage vers un nouvel avenir?


Auroville a été également un moment fort, d'une autre façon. Fondée en 1968 à coté de Pondicherry, par "La Mère", une Française qui était la compagne spirituelle du gourou Sri Aurbindo et autant vénérée que lui par les Indiens, Auroville a pour but d'être "le lieu d'une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toute croyance, opinion politique et nationalité".

Un lieu vraiment étrange, où l'on hésite en permanence entre espoir et scepticisme cartésien. Car ce qui devait être une ville de 40 000 personnes en abrite quelque 2500; on se retrouve ainsi face à une mairie, des centres culturels et autres pavillons internationaux années 70 noyés dans la végétation au bout de chemins de terre, on a l'impression d'un lieu qui tombe en ruines, et en même temps on voit des fermes biologiques, de l'artisanat de qualité, un lieu qui produit et vend dans le monde, un lieu tout à fait intégré dans la vie pondichérienne et où les stagiaires viennent du monde entier.

En fait, j'ai eu le sentiment que l'utopie soixante-huitarde dans tout ce qu'elle avait d'utopique justement et de "peace and love" qui fait sourire aujourd'hui, y meurt doucement, mais qu'elle est en train d'être remplacée par ce mouvement mondial alternatif vers une autre société, plus réaliste celui-ci, et donc plus réalisable.


Comment régler les problèmes de sécurité routière avec humour...


Joy guesthouse, où j'ai logé.


Toujours est-il que le lieu m'a testée, si l'on peut dire, pour des raisons bassement concrètes: quatre jours là-bas, quatre jours de pluie transformant les chemins de terre en chemins de boue et faisant planter une douce odeur de moisi sur mon matelas, des activités au ralenti car on était en vacances scolaires - mais bon, quand on voyage sur un an, on ne peut planifier toutes ses étapes selon la meilleure période, hein? - et, ô rage, ma présence ici pile la semaine annuelle de fermeture du Matrimandir, "le" lieu d'Auroville, immense coupole où l'on vient méditer dans un puits de lumière.

Bref, Auroville a été un excellent lieu pour tester ma capacité - ou pas - à vivre la frustration... Heureusement, j'y ai vécu là aussi de belles rencontres, du ressourcement énergétique, avec Thomas le Français, Renzo l'Italo-néo-zélandais... Quel que soit le moment ou le lieu, on peut toujours trouver du bon quelque part... 

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